C’est un secret de Polichinelle que la fermeture des frontières entre le Bénin et le Niger entrave la bonne marche des activités de nombreux beninois qui en dépendent. Pour donc plaider l’ouverture de ces frontières de nombreuses figures béninoises ont interpellé le gouvernement du président Patrice Talon. Au nombre de ceux-ci figue Dino Renaud Adohoueto qui a lancé un message fort.
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« Parmi les secteurs d’activité qui vous permettent de rencontrer du monde, il y a l’hôtellerie. J’ai connu ce secteur à Malanville il y a quelques années. Une expérience très enrichissante sur plusieurs plans qui m’a beaucoup appris. Malanville est une ville attachante. Les gens y sont entiers. J’y ai gardé de très bons souvenirs. C’est là-bas que j’ai repris le football. Nous avions une très bonne équipe des adultes. Les entraînements se faisaient les samedis matins et les dimanches matins dans une ambiance très fraternelle où les 3eme mi-temps se jouaient les prolongations. Nous livrions beaucoup de matchs. Nous invitions des équipes et nous nous déplacions également. Les bulldozers de Parakou étaient venus jouer contre nous. En début de match le docteur Guy Zinzindohoué avait donné le ton en décochant une frappe violente du rond central. Le ballon alla heurter notre poteau droit. Le président de notre club était Aladji Danladi qui jouait au poste de stoppeur. J’en étais le vice-président et j’évoluais au milieu de terrain en compagnie de chef M. Osséni. Il y avait aussi Amani Yao, Wahab, Youssouf, Rachidi, Madougou Yayé alias le roi du tango, Issa, Aziz, Ismael Radji, Innocent, Amadou Goumbi, Chef Aimée, chef Mora Koto, Yorou (Api), Sanni Jumbo et tous les autres. Le club que nous rencontrions régulièrement était l’équipe de Gaya, la première ville du Niger après Malanville. Ils avaient une bonne équipe aussi.
L’autre lien que nous avons avec Malanville est qu’après avoir quitté le Niger au début des années 60, c’est à Malanville que le daron s’était installé. La maison qu’il avait acquise dans ses années 60 est encore là et porte toujours notre nom. Elle se situe au quartier Boulanga juste derrière la station JNP qui est au bord du goudron en allant au poste juxtaposé. Mes trois grand-frères et ma grande sœur sont tous nés à Malanville. Malgré les nombreuses années passées par le paternel à Parakou plus tard, nombreux étaient ceux du village qui l’ont toujours appelé «Frère Malanville» pour signifier cette filiation forte qu’il avait avec cette ville.
C’est sûrement au vu de tout ceci que j’ai été interpellé intérieurement car j’ai vu le président Bertin Koovi intervenir sur le dossier de la fermeture de la frontière de Malanville, ville frontière avec le Niger. Malanville, jadis ville dynamique, un vrai coin de business, une cité des affaires se meurt aujourd’hui à cause de cette fermeture de notre frontière avec le Niger que nous impose l’UEMOA. Le président Talon ne faisant qu’appliquer les directives de Union Economique et Monétaire Ouest Africaine. Comme nous le savons, les villes frontalières profitent énormément des échanges entre les deux états. En ce moment les complexes hôteliers sont vides, les commerces sont dans le coma, les bus sont aux arrêts, les échanges sont interrompus. Les camions sont garés sur des kilomètres au bord de la voie en venant de Guéné. Dans le parc du poste juxtaposé, les camions ne peuvent plus bouger. Certains avaient fini de faire toutes les démarches de ce côté de la frontière et il ne leur restait qu’à entrer sur le territoire Nigérien quand cette décision de l’UEMOA est tombée. Les marchandises ne sont pas livrées. On parle de plus de 2000 camions stationnés. Nous avons vu des apprentis rongés par la faim, terrassés par la maladie et abandonnés à eux-mêmes. Il y avait un qui vomissait.
Un tour vers le fleuve, nous a permis de découvrir un trafic qui se développe et qui consiste à faire passer des gens de l’autre côté sur des embarcations de fortune. Il nous a été confié qu’il y a des cas de noyades régulièrement. Nous avons vu une équipe d’intervention au loin, mais ils n’étaient que trois alors que les barques prennent jusqu’à 15 passagers. Touchés par ces cas de noyade, nous avions décidé de leur offrir quelques chambre à air gonflés. Et ensemble avec les chefs piroguiers et des autorités sur place, il a été convenu que désormais chaque propriétaire de pirogue devait en acheter et en faire porter à chaque passager.
Sur ce dossier de la fermeture de la frontiere, il faut reconnaître le travail énorme qu’abat le président Bertin Koovi qui est l’une des rares personnes qu’on entend sur ce dossier. L’honorable Issa Salifou se bat aussi de toutes ses forces pour que la souffrance des habitants du Dendi Ganda cesse. Quand on voit le député de Malanville se démener aux côtés des populations, on comprend pourquoi il est adulé et est élu sans discontinuer depuis plus de 20 ans. C’est pourquoi je me joins à ces voies autorisées pour demander également l’ouverture de la frontière de Malanville afin de mettre fin aux conséquences dramatiques que cette fermeture occasionne depuis fin Juillet. Nous devons retourner là bas dans quelques jours pour voir l’évolution de la situation. »
Dino Renaud Adohoueto
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