- Entre abondance du produit, prix jugés élevés et difficultés d’écoulement, les avis divergent
Au Bénin, le 15 août est une date symbolique marquée par la célébration de la fête de l’igname. Elle coïncide également avec l’arrivée de nouvelles récoltes dans les marchés. Quelques jours après cette célébration, une équipe de la rédaction de Baruka Media s’est rendue, ce mardi 25 août 2026, sur le terrain à Parakou pour prendre le pouls du marché et recueillir les impressions des commerçantes et des consommateurs sur la commercialisation de ce tubercule très prisé.
L’igname pilée figure parmi les mets particulièrement appréciés au Bénin. L’arrivée de nouvelles récoltes suscite donc une attention particulière auprès des consommateurs et des commerçants, donnant également à la période de la fête de l’igname une dimension commerciale importante.
Au marché de Tchakitibam, Amina, vendeuse d’ignames, constate une forte présence du produit sur les étals. Mais cette abondance ne signifie pas nécessairement une bonne dynamique commerciale. Pour elle, l’affluence des tubercules rend plus difficile l’écoulement des stocks. « Le marché ne marche pas bien comme ça, mais on remercie Dieu car ça va un peu à peu. Comme il y a beaucoup d’ignames là, il n’y a pas de marché », affirme-t-elle. À cette difficulté d’écoulement s’ajoute, selon la vendeuse, une autre réalité : les conditions économiques difficiles que connaissent de nombreux ménages. Un constat qui n’est toutefois pas partagé par toutes les vendeuses.
Maïmounatou, installée au bord des pavés du campus de l’Université de Parakou, a commencé la vente d’ignames le même jour. Malgré ce début récent, elle estime que le marché se porte plutôt bien. Elle explique cette situation notamment par le niveau des prix qu’elle juge accessible aux consommateurs. « J’ai commencé par vendre ce matin, mais je peux dire que le marché se passe bien, surtout que l’igname n’est pas chère », laisse-t-elle entendre.
Du côté des consommateurs, le son de cloche est différent. Un acheteur ayant requis l’anonymat estime, au contraire, que le prix de l’igname reste élevé et appelle les vendeuses à revoir leurs tarifs. « Le 15 août, moi j’ai acheté de l’igname pour emboîter le pas à mes frères du village, mais depuis lors je n’ai plus pris parce que le prix est trop élevé. Bien qu’il y ait de l’igname en quantité, puisqu’on en voit un peu partout, les commerçantes doivent revoir le prix », affirme-t-il.
Sur le terrain, les perceptions divergent donc. Pour certaines vendeuses, l’abondance du produit pèse sur l’écoulement des stocks et le pouvoir d’achat des ménages limite les ventes. Pour certains consommateurs, en revanche, le prix demeure suffisamment élevé pour freiner les achats, malgré la disponibilité apparente des tubercules.
Entre difficultés d’écoulement pour les commerçantes et pouvoir d’achat limité pour certains acheteurs, le marché de l’igname à Parakou présente ainsi des réalités différentes selon le côté de l’étal où l’on se trouve.
✍️ Armand Honelle OGA & Dèhouégnon Florent KOUMASSI (Stgs)
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