Au Bénin, la période des vacances rime avec la saison pluvieuse. Cette période ouvre la porte à de nombreuses activités, notamment les travaux champêtres. Elle nécessite beaucoup d’énergie physique. Pour mieux supporter les longues journées de travail, certains agriculteurs auraient recours à des produits dopants ou stimulants. Ces produits sont utilisés pour avoir plus de force, moins sentir la fatigue et lutter contre le sommeil. Cette pratique n’est pas sans conséquence sur la santé.
Des produits utilisés pour tenir au travail
Selon Cyrille D. G. Oke infirmier diplômé d’État et responsable du cabinet de soins infirmiers Divine Miséricorde, les produits dopants ou stimulants sont des médicaments, boissons ou autres produits utilisés sans prescription médicale dans le but d’augmenter l’endurance physique. Parmi les médicaments, il cite le Tramadol, le Diclofénac, la caféine en comprimé et bien d’autres. Il évoque également des boissons énergisantes très sucrées et très caféinées. Le tabac, l’alcool et certains mélanges traditionnels sont aussi concernés.
Selon le chef Cellule communale de l’Agence territoriale de développement agricole (Atda) pôle 2 de Kouandé, Augustin Dagoudo, certains producteurs ont recours à ces substances pour accroître leur endurance physique et augmenter leur rendement. Ils les utilisent aussi pour compenser la fatigue liée aux travaux champêtres ou répondre à des exigences de rendement élevé.
Des conséquences sur la santé
Les effets peuvent être immédiats. Il s’agit notamment de l’excitation, de la diminution de la fatigue et du sommeil. Pour l’infirmier d’Etat, ces produits peuvent aussi provoquer l’hypertension, des maux de tête, des vertiges, de l’agressivité et des risques d’accident. À long terme, les conséquences peuvent toucher le cœur, les reins et le foie. Elles peuvent aussi entraîner des troubles mentaux, des accidents de travail, l’impuissance et la stérilité chez l’homme. Les risques concernent également le comportement. Il peut s’agir du manque d’argent, de l’irritabilité, de l’isolement ou du manque de produit. Sur le plan physique, l’agriculteur peut souffrir de fatigue, avoir les yeux rouges, faire de l’insomnie ou avoir des tremblements. Au champ, le recours à ces produits peut pousser à travailler sans pause et à prendre des risques. Des douleurs abdominales fréquentes, l’hypertension, les problèmes de foie et les difficultés de cicatrisation des blessures peuvent également apparaître.
Une pratique qui existe dans certaines zones rurales
Le chef cellule Augustin Dagoudo estime que cette pratique reste marginale, mais existe dans certaines zones rurales. Elle peut entraîner une dégradation de la santé des producteurs. Elle peut aussi augmenter les dépenses médicales et désorganiser les activités agricoles lorsque les producteurs ne peuvent plus maintenir un rythme de travail régulier. Pour lui, il y a des méthodes qui permettent d’améliorer le rendement sans utiliser de produits dopants. Il cite l’utilisation d’outils et d’équipements adaptés pour réduire la pénibilité, une alimentation équilibrée et un repos suffisant.
Mieux s’alimenter et se reposer
Pour éviter le recours à ces produits, Cyrille D. G. Oke recommande une bonne alimentation. Il conseille notamment de manger avant de partir au champ. L’igname, le maïs, le haricot, la sardine et les fruits sont cités. Il recommande aussi de boire deux litres d’eau par jour. Le repos, une bonne organisation, le sommeil, les plantes naturelles et le sport léger sont également évoqués.
De son côté, Augustin Dagoudo recommande aux agriculteurs de respecter les temps de repos et d’éviter les excès physiques. Il conseille aussi de maintenir une alimentation nutritive et variée et d’utiliser des équipements de protection adaptés aux conditions pluvieuses. Il recommande également de planifier les activités agricoles de manière rationnelle pour éviter la surcharge. En cas de fatigue ou de malaise, il conseille de recourir aux services de santé.
Le rôle des services agricoles et des familles
Selon Augustin Dagoudo chef cellule communale Atda de Kouandé, les services agricoles et les coopératives ont un rôle de prévention et d’accompagnement. Ils peuvent sensibiliser les producteurs sur les risques liés à la consommation de produits dopants. Des messages éducatifs peuvent aussi être diffusés au début des sessions ou des ateliers de formation des producteurs. Il encourage également la solidarité et l’entraide entre les producteurs afin de réduire le recours aux produits dopants.
De son côté, Cyrille D. G. Oke appelle les familles à surveiller leurs maris et leurs enfants. En cas de changement de comportement, il leur demande d’en parler avec eux et de les encourager à manger et à se reposer. « Le produit dopant vous donne de la force aujourd’hui mais il détruit votre santé demain », rappelle-t-il aux agriculteurs. « La famille compte sur vous, prenez soin de votre santé, mangez bien, reposez-vous » a-t-il conclu.
Pour les agriculteurs, préserver leur santé reste essentiel pour poursuivre leurs activités dans de bonnes conditions. Une bonne alimentation, un repos suffisant et une meilleure organisation du travail peuvent aider à réduire la fatigue. Le recours aux produits dopants, même pour mieux supporter les travaux champêtres, expose à des risques pour la santé.
✍🏼Léonel AGALATI
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