Depuis la promulgation du nouveau code électoral au Bénin par le Président Patrice Talon, le débat sur son contenu et ses implications vont dans tous les sens, et pire encore, divise profondément l’opinion publique. Les réactions des différents groupes religieux, notamment les Évêques catholiques et les Imams, illustrent bien cette polarisation. D’un côté, la Conférence épiscopale du Bénin appelle à une relecture consensuelle du texte, tandis que les Imams prônent le respect de la loi et apportent leur soutien inconditionnel au Président Talon. Cette dichotomie soulève une question : et si les religieux se concentraient sur la prière et laissaient la politique aux politiciens ?
Les Évêques, les Imams et la Relecture Consensuelle
S’initiant dans les affaires politiques, la Conférence épiscopale du Bénin a appelé à une relecture consensuelle du nouveau code électoral. Elle a souligné l’importance d’une approche inclusive pour garantir la paix sociale et la cohésion nationale. Les Évêques mettent en avant la nécessité d’un dialogue entre les différentes parties prenantes pour rectifier les éventuelles failles du code et assurer ainsi des élections justes et transparentes. Cette position, bien que noble, peut être perçue comme une intrusion dans le domaine politique, un domaine qui devrait, idéalement, être réservé aux acteurs politiques.
À l’opposé, les Imams du Bénin, par la voix de l’Union Islamique du Bénin (Uib), ont exprimé un soutien au nouveau code électoral et au Président Talon. Ils insistent sur le respect des lois de la République et la laïcité de l’État, tout en appelant les autres confessions religieuses à se concentrer sur la foi et laisser les politiques gérer les affaires politiques. Cette déclaration, bien que visant à promouvoir l’ordre et la stabilité, peut également être vue comme une tentative de légitimer le pouvoir en place en utilisant l’influence religieuse.
Les prises de position des Évêques et des Imams illustrent une tendance préoccupante où la religion s’entremêle avec la politique. Il est vrai que les religieux, en tant que gardiens de la foi et de la morale, ont un rôle à jouer dans la société. Toutefois, leur implication directe dans les affaires politiques risque de compromettre la paix au sein des populations. En effet, le soutien ou la critique des religieux à l’égard des décisions politiques peut polariser davantage la société, surtout si certains individus musulmans ou chrétiens ne partagent pas l’avis prôné par son clan religieux. Par ailleurs, les leaders religieux, en prenant des positions politiques, peuvent influencer leurs fidèles de manière biaisée, ce qui est considéré comme l’une des principales raisons du radicalisme ou de l’extrémisme violent.
La concentration des religieux sur la prière sera plus bénéfique pour le Bénin. Cela ne signifie forcément pas qu’ils doivent rester silencieux sur les injustices ou les questions éthiques, mais plutôt qu’ils doivent agir en tant que conseillers moraux plutôt qu’en acteurs politiques.
✍️ Nawas TOUGLO
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