Le Directeur Départemental des Enseignements Secondaires, Techniques et de la Formation Professionnelle (Ddestfp) du Borgou a invité les enseignants certifiés retraités des disciplines de Français, Pct, mathématiques à se rendre disponible pour intervenir de nouveau dans les classes. Une note équivoque qui a suscité plusieurs réactions. Pendant que certains partagent cette décision du Directeur Départemental, d’autres ne veulent pas l’entendre de leurs oreilles.
«L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde». C’est certainement dans cette logique de Nelson Mandela que s’inscrit Mahoutin Antonin Djossou, Directeur Départemental des Enseignements Secondaires, Techniques et de la Formation Professionnelle de Borgou lorsqu’il sollicite l’expertise des acteurs de l’éducation déjà admis à la retraite des disciplines de français, Pct, mathématiques et désireux de poursuivre l’aventure dans le métier. Cet appel lancé à l’endroit des professionnels en pleine jouissance de leur période de retraite a sans doute, pour objectif de combler certains vides remarqués dans les disciplines concernées afin de garantir un meilleur résultat au soir de l’année scolaire. Bien que pertinente, cette note cache en elle certaines insuffisances qui ont provoqué des réactions dans le rang de certains citoyens.
En effet, plusieurs sont ces personnes qui pensent qu’une telle décision ne devrait pas avoir sa raison d’être pendant que plusieurs jeunes aspirants au métiers de l’enseignement et admis au concours de recrutement continuent d’attendre leur déploiement respectif. Invitée sur Radio Bénin, Eugène Alossoukpo, chargé de cours à l’université d’Abomey-Calavi a répondu à cette inquiétude en stipulant que « C’est une question d’expérience ». À en croire son analyse, les Aspirants au Métiers de l’Enseignement sont venus entre-temps résoudre un problème de quantité. Maintenant que se pose le problème de qualité, c’est donc le moment de faire appel à ceux qui ont déjà un certain nombre d’années d’expérience dans le domaine pour pallier cela. Est-ce à dire que les jeunes Aspirants en attente manquent de performance pour y arriver ? La question reste posée.
Par ailleurs, l’autre question que certains se posent est de savoir combien sont-ils à avoir encore du vent en poupe pour tenir debout à expliquer le cours pendant plusieurs heures ? Cela n’aboutirait-il pas à des cas d’enseignants qui, fatigués de tenir le coup, tombent en plein cours devant les apprenants ? Ce sont là, autant de questions qui agitent la toile depuis la sortie de cette note.
Face à cette situation, il faudrait que le gouvernement pense au déploiement des jeunes aspirants au métier de l’enseignement en attente sur la liste des admis afin de permettre à ces derniers de faire également leur temps d’expérience en la matière. Toutefois, il serait bien de continuer à solliciter l’expertise de ces enseignants à la retraite qui, au lieu de revenir dispenser le cours aux élèves, peuvent par exemple contribuer à former les jeunes qui émergent afin de leur donner la main. On ne peut d’ailleurs s’en passer d’eux car, comme l’a su bien dire l’écrivain Jean Pliya, « C’est de l’ancienne corde que l’on tisse la nouvelle ».
✍️ Marc BATCHO
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