- La sédentarisation des agropasteurs au cœur des débats
Soule ADAMOU en fait une thèse et décroche son doctorat avec la mention très honorable
Tchaourou au cœur des débats scientifiques sur la gouvernance pastorale et foncière au nord Bénin. Le 11 février 2026, Soulé ADAMOU a soutenu avec succès sa thèse de doctorat consacrée aux enjeux de la sédentarisation des agropasteurs dans la commune de Tchaourou, au nord Bénin. À l’issue des travaux, le jury international lui a décerné la mention très honorable, saluant la pertinence et l’actualité du sujet.
Dans un contexte marqué par la pression foncière, les effets du changement climatique, la recrudescence des conflits entre agriculteurs et éleveurs et les défis sécuritaires dans la sous-région, la question de la sédentarisation des agropasteurs s’impose comme un enjeu majeur.
Pour le directeur de thèse, le travail répond à une urgence scientifique et sociale :« Nous sommes face à des mutations profondes des espaces ruraux. Cette recherche apporte un éclairage rigoureux sur un sujet sensible, stratégique pour la paix et la stabilité au nord du Bénin », a-t-il affirmé. Selon lui, la force de la thèse réside dans sa capacité à dépasser les analyses superficielles pour interroger les dimensions sociales, politiques et culturelles de la sédentarisation.
Entre réformes publiques et réalités locales
L’étude analyse notamment le cadre réglementaire mis en place par l’État béninois, ainsi que les projets structurants tels que le Projet de Sédentarisation des Troupeaux de Ruminants (ProSER) et le Projet de Cohésion Sociale des Régions Nord du Golfe de Guinée (COSO) financé par la Banque mondiale.
Mais au-delà des textes et des programmes, la recherche met en lumière la complexité du terrain, notamment l’hétérogénéité de la communauté peule à Tchaourou.« La sédentarisation ne peut être réduite à une décision administrative. Elle touche aux identités, aux modes de vie, aux rapports sociaux et à l’accès à la terre », a expliqué le désormais docteur Soulé ADAMOU.
Des tensions persistantes
L’un des constats majeurs de la thèse est la redéfinition des rapports sociaux entre acteurs du terroir. Si la formalisation vise à organiser l’espace pastoral, elle a parfois contribué à intensifier les conflits fonciers. Cas d’empoisonnement de bétail, menaces de déguerpissement, destruction de plantations, stigmatisation sociale : les tensions restent vives. Certains agropasteurs ont même quitté la commune pour s’installer ailleurs au Bénin ou au Togo.
Plaidoyer pour une réforme agraire inclusive
En conclusion, le Dr ADAMOU recommande une réforme agraire garantissant la sécurité foncière à toutes les parties prenantes et une approche inclusive tenant compte des spécificités socioculturelles locales.« Mon ambition est de contribuer au renforcement de la cohabitation pacifique entre agropasteurs et cultivateurs, dans un contexte de consolidation durable de la paix », a-t-il déclaré, ému. Il a également exprimé sa gratitude à Dieu, à sa famille, à ses amis et à ses collègues pour leur soutien.
Une reconnaissance scientifique unanime
Le jury, composé d’enseignants-chercheurs des universités d’Abomey-Calavi, de Lomé et Norbert Zongo, a unanimement salué la qualité scientifique du travail et la pertinence de ses recommandations pour le Bénin et la sous-région.
Avec cette distinction, le Dr Soulé ADAMOU s’impose désormais comme une voix scientifique majeure sur les questions de gouvernance foncière, de cohésion sociale et de paix durable au nord du Bénin.
La rédaction
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