Réunis ce mardi 4 août 2026 dans un hôtel de la ville Parakou, des journalistes du septentrion ont pris part à un café-presse consacré aux Droits en Santé Sexuelle et Reproductive (Dssr) et à l’Interruption Volontaire de Grossesse (Ivg). Cette rencontre initiée par l’Association des Journalistes en Santé Sexuelle et Reproductive du Bénin (Aj-Ssr Bénin) vise à renforcer leurs connaissances sur le cadre juridique en vigueur et à favoriser la création d’un réseau de journalistes capables de produire des sujets fondés sur des faits et des données probantes.

Les journalistes ne peuvent éclairer l’opinion publique que s’ils maîtrisent eux-mêmes les sujets qu’ils traitent. C’est dans cette dynamique qu’après une vive présentation des participants, un pré-test a été lancé en ligne, ce qui a permis d’évaluer les connaissances des participants avant le démarrage des communications. Les échanges ont porté sur l’évolution du cadre légal de l’IVG au Bénin. À cet effet, les communicateurs ont notamment expliqué que la loi du 3 mars 2003 autorisait l’interruption volontaire de grossesse dans des cas précis, avant que la loi n° 2021-12 du 20 décembre 2021 ne vienne élargir les conditions d’accès en intégrant la notion de détresse, qu’elle soit morale, matérielle, psychologique, éducationnelle ou professionnelle. Les participants ont également été sensibilisés aux dispositions relatives à la protection des mineures, des femmes sous tutelle ainsi qu’aux sanctions prévues en cas de non-respect de la loi.
L’univers des discussions a aussi mis en lumière les difficultés qui freinent l’accès aux services d’IVG sécurisée. Les coûts des prestations, l’accueil parfois peu favorable dans certaines formations sanitaires ainsi que les pesanteurs socioculturelles et religieuses figurent parmi les principaux obstacles relevés.
Pour Elvis Sériki, expert en santé, droits sexuels et reproductifs et communicateur, l’objectif dépasse la simple connaissance de la loi. « Nous avons beaucoup plus misé sur les angles de traitement des sujets relatifs à l’IVG au Bénin. Comment est-ce qu’il faut utiliser les données probantes ? Comment est-ce qu’il faut utiliser les faits… pour pouvoir produire des contenus qui puissent aider la population à changer de comportement. »

Les journalistes se sont ensuite répartis en groupes afin d’identifier des sujets de reportage en lien avec les réalités du terrain. Cette simulation de conférence de rédaction a permis de faire émerger plusieurs pistes de productions journalistiques sur les Droits en Santé Sexuelle et Reproductive.
À en croire Fulbert Adjimehossou, journaliste scientifique, cette initiative marque le début d’une série d’activités prévues durant le mois d’août. « L’objectif est déjà d’aider les confrères à comprendre le cadre juridique qui est là, parce que pour traiter une information, il faut déjà s’approprier le cadre dans lequel nous nous exerçons. »
La séance s’est achevée par un post-test destiné à mesurer les acquis des participants, avant une photo de famille. À travers cette initiative, les organisateurs entendent bâtir un réseau de journalistes capables de traiter avec responsabilité, rigueur et professionnalisme les questions liées aux Droits en Santé Sexuelle et Reproductive, au bénéfice d’une information juste et utile aux populations.
✍️La rédaction
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