La réforme du système partisan au Bénin suscite débats et prises de position, et continue de remodeler l’échiquier politique béninois. Invité de l’émission entretien sur Canal 3 Bénin, ce mercredi 7 mai 2025, le politologue Richard Boni Ouorou a exposé sa lecture critique de cette réforme et levé toute ambiguïté sur la position du Parti Libéral face à l’opposition, en particulier vis-à-vis le parti « Les Démocrates ». Entre clarification politique, bilan du régime en place et analyse de la réforme du système partisan, l’analyste politique n’a éludé aucun sujet.
Récemment porté sur les fonds baptismaux à travers un congrès et l’obtention de son récépissé, le parti le Libéral continue de faire son bonhomme de chemin. À l’entame de son entretien, le président du parti, Richard Boni Ouorou a rappelé les conditions « corsées » à travers lesquelles le parti est passé pour avoir son récépissé, avant d’affirmer que pour lui, ce corsage est fondé car le Bénin, « a vécu une époque où dans chaque rue il y avait un parti politique ». Se référant au nom de son parti, le président a affirmé que le libéralisme prôné par le parti est « un libéralisme totalement équilibré, adapté à nos réalités politiques. Une économie ouverte mais suffisamment protégée, des libertés garanties, encadrer et structurer, un Etat facilitateur, mais juste et stratège ». C’est pourquoi, parlant des questions de développement du Bénin, le parti place en première priorité, les débats économiques et par ricochet, la question de l’emploi.
Au cours de l’entretien, le président Richard Boni Ouorou s’est également exprimé sur la réforme du système partisan. D’entrée, pour lui, « les termes dans lesquels le système est reformulé sont incompétents » car, une théorie ne peut pas être réformer par une réforme politique. De plus, selon le président, cette réforme du système partisan comporte beaucoup de faiblesse. Il en veut pour preuve, la prise de conscience existentielle et la suspicion comme un indicateur d’évaluation des opinions. « Une réforme telle qu’elle est aujourd’hui, qui force les uns dans les bras des autres, qui permet à certains mouvements d’évoluer et qui met d’autres en périphérie ou qui refuse carrément à d’autres de venir sur la scène politique, est à reprendre autant sur la forme que sur le fond » a-t-il affirmé. Une chose, en appelle une autre, l’entretien a bondi sur le sujet du code électoral sur lequel, le politologue s’inscrit dans une logique de révision. « Je suis pour que, dans un débat constructif, apaisé, sans aucune violence ni haine et avec toute la sincérité, que nous allions à la table de la révision de ce code pour que dans une démarche totalement consensuelle et apaisée, nous puissions mettre sur la table toutes les craintes des uns et des autres » a laissé entendre le politologue.
Dans un paysage politique béninois où les alliances se nouent et se dénouent parfois au rythme des intérêts, la clarté de position devient indispensable. Pour donc mettre un terme au questionnement « Yayi ou Talon », le président affirme que « le parti Libéral n’a jusqu’à ce jour, et si les choses continuent telles qu’elles sont, n’aura aucun lien avec un parti de l’opposition, et en l’occurrence, le parti Les Démocrates. Ça c’est clair et net ». Allant plus loin, pour le politologue, le parti Les Démocrates manque à son devoir de mener des actions concrètes pour pouvoir exister, au contraire, ils se rabattent sur des positions victimaires.
À travers cette intervention, le président Richard Boni Ouorou lance un appel fort à l’endroit de la crédibilité du système partisan et du code électoral. Sa position et celle de son parti sont claires. Une révision est nécessaire pour le code, et pour le système.
✍️ Nawas TOUGLO
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