Au Bénin, une place importante est accordée aux autorités traditionnelles dans la vie sociale et communautaire. Ainsi, les citoyens souhaitent les voir demeurer en dehors des joutes partisanes.
Le quotidien Matin Libre rapporte qu’une étude menée auprès de 1 200 adultes entre fin janvier et début février 2024 révèle que près de trois citoyens sur quatre (75 %) estiment que les chefs traditionnels devraient observer une stricte neutralité politique et laisser les électeurs exercer librement leur choix lors des consultations électorales.
Cette position traduit l’attachement des populations aux principes démocratiques et à l’indépendance du vote, dans un contexte où les autorités coutumières continuent de bénéficier d’une forte influence au sein des communautés.
Malgré cette volonté de les voir éloignés des compétitions politiques, les Béninois reconnaissent largement le rôle positif joué par les chefs traditionnels dans la gouvernance locale, ainsi que leur contribution au renforcement de la démocratie au Bénin.
Ces résultats et analyses plaident en faveur de l’adoption de la loi n° 2025-09 du 3 avril 2025 portant cadre juridique de la chefferie traditionnelle au Bénin. Ce texte consacre officiellement 90 chefferies sur l’ensemble du territoire national et définit leur statut dans l’architecture institutionnelle du pays.
Si la réforme limite leurs prérogatives à des fonctions essentiellement symboliques, culturelles et consultatives, elle reconnaît néanmoins leur rôle dans la promotion de la cohésion sociale, de la paix communautaire et du dialogue entre les populations et les pouvoirs publics.
✍️Patrice Assiongbon SOWANOU
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