Monsieur Daniel Guégni, un éminent cultivateur d’ignames originaire de la commune de Glazoué, partage sa longue et riche expérience dans la culture de l’igname, une culture vivrière emblématique. Alors que plusieurs villes au Bénin, dont Savalou, Glazoué, Natitingou, Bassila et bien d’autres, célèbrent désormais l’igname comme une culture porteuse d’identité, M. Guégni raconte son parcours depuis sa jeunesse jusqu’à l’âge adulte dans cette interview exclusive accordée à la rédaction de Baruka.
« Depuis mon jeune âge, j’ai commencé à cultiver l’igname jusqu’à aujourd’hui. Le processus de culture de l’igname est similaire à celui des autres cultures vivrières. On entame le défrichage de l’espace dès le mois de septembre, en fonction du type de sol, car certains sols retiennent l’eau alors que d’autres non. Avec les sols perméables à l’eau, nous débutons le défrichage en octobre. »
« Après le défrichage, on crée des buttes circulaires avec un sommet au centre. Cette étape, réalisée en novembre et décembre, permet la décomposition des herbes pour former un engrais naturel. Ensuite, entre janvier et mars, nous plantons les ignames, idéalement en janvier et février. Pour la semence, je recommande les petites ignames plutôt que les grosses tubercules, car cela garantit un meilleur rendement à la récolte. »
« La mise en terre exige une attention minutieuse : il faut creuser les buttes à la profondeur souhaitée pour chaque igname. Votre doigt doit toucher la tête de l’igname dans la butte, sinon elle est trop enfoncée. Après la plantation, nous plaçons des herbes enroulées, souvent des tiges sèches de riz, au sommet des buttes pour protéger les ignames du soleil. »
« Une fois que les ignames poussent, nous utilisons des planches de soutien pour empêcher les tiges de traîner au sol. Nous effectuons au moins trois sarclages minutieux pour le bien des ignames. La culture de l’igname prend sept mois avant d’être prête à la récolte, généralement entre juillet et août, mais certains attendent même septembre. »
« Après la récolte, nous refermons les buttes sur les racines, qui régénèrent les tubercules pour la prochaine saison. Il est crucial de laisser l’espace exploiter cette année là en jachère pendant au moins une année pour espérer obtenir un bon rendement après de nouvelle exploitation. »
Alors que de nombreuses régions célèbrent cette culture vivrière, les enseignements de M. Guégni demeurent un guide précieux pour les générations actuelles et futures.
✍️ Claude Angelo GANHOTO (stg)
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