Derrière les barreaux d’une cellule, un jeune homme arrêté pour cybercriminalité livre un témoignage bouleversant. Entre regrets, prise de conscience et appel à la jeunesse, son message est un cri du cœur. Dans une lettre, presque trempée dans un océan de ses larmes, il raconte le piège de la pauvreté, les illusions de la facilité et la dure réalité de la prison. Une confession qui résonne comme un avertissement pour toute les générations tentées par l’argent facile.
Lisez plutôt, l’intégralité de sa lettre :
« À toi, mon frère, mon semblable,
À toi qui croit encore qu’il faut mentir pour vivre,
À toi qui n’as pas encore goûté à l’amertume des barreaux…
Je t’écris du fond de ma cellule. Ici, le temps ne passe pas. Il s’étire, lentement, comme les regrets dans mon cœur. Je m’appelle Wanas T., j’ai 25 ans. J’étais un « gayman ». L’un de ceux que tu vois bien habillés, téléphone iPhone à la main, toujours dans les coins chics.
J’ai commencé parce que je n’en pouvais plus. Parce que ma mère vendait des beignets sous les intempéries. Parce que chaque jour était un combat. Parce que j’avais honte de la pauvreté. J’ai cru que l’argent pouvait effacer la douleur. J’ai cru que tromper, berner, arnaquer, c’était survivre.
Mais je me suis trompé.
Quand les menottes ont claqué sur mes poignets, c’est ma vie qui s’est arrêtée, le l’ai vu défiler 100 à l’heure. Le silence de la prison, c’est le bruit de ta conscience quand elle n’a plus d’échappatoire. J’ai perdu la liberté, mais j’ai compris une vérité : on ne construit rien de durable sur le mensonge.
Ici, j’ai eu le temps de penser. De revoir le visage de ma mère lorsqu’elle a appris mon arrestation. Elle n’a pas pleuré. Elle m’a juste regardé, comme si je n’étais plus son fils. C’est ce regard-là qui me hante.
Frère, ce que je vis, tu ne veux pas le vivre. Rien ne vaut ta dignité. Rien ne vaut la paix d’un sommeil sans peur, chez toi, et dans ton lit. La cybercriminalité, un mot que j’ai découvert quand on m’a arrêté, m’a peut-être rapporté de l’argent, mais je n’étais qu’un roi en danger.
Si tu es encore dehors, si tu trempes encore dans ça, sors pendant qu’il est encore temps. Il n’est jamais trop tard pour changer, pour reprendre ta vie en main, proprement. Tu n’es pas maudit. Tu peux réussir sans voler la vie des autres.
Moi, je purgerai ma peine. Mais je veux qu’elle serve à quelque chose. Que ma chute soit ton réveil.
Wanas T.
Un fils du Bénin tombé, mais qui veut encore se relever. »
Aujourd’hui, derrière les murs de sa cellule, ce jeune homme, sa voix, bien que brisée, porte un message puissant : l’argent volé aux honnêtes gens qui souffrent eux aussi, connaîtra un jour ou l’autre un retournement de situation. Cette histoire, bien que fictive, s’inspire de réalités tristement fréquentes dans notre pays le Bénin, qui tend à être saboté à cause du nombre fluorescent de « gayman ». Cet article se veut une alerte, un appel à la conscience des jeunes tentés par les raccourcis dangereux de la cybercriminalité. Car derrière chaque clic frauduleux, il y a une vie brisée, des familles détruites et peut-être même des avenirs anéantis.
✍️ Nawas TOUGLO
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