Recalés du scrutin présidentiel de 2026 et minés par une crise interne, le principal parti d’opposition Les Démocrates, aborde les prochaines élections dans un climat de grande incertitude. Entre cette exclusion du scrutin et démissions en série, le parti de l’ex président Boni Yayi traverse l’une des plus grave crise de son histoire.
En quelques semaines à peine, le parti Les Démocrates (LD) est passé de l’espoir à la désillusion.
Porté par la promesse d’incarner une véritable alternance, le parti dirigé par l’ancien président Boni Yayi aura désormais la mer à boire pour s’imposer lors des élections législatives, municipales et communales prochaines. Tout avait commencé avec enthousiasme : la désignation du duo Renaud Agbodjo – Jude Lodjou comme candidats à la magistrature suprême. Mais l’euphorie a vite laissé place à la désillusion. La Cour constitutionnelle a confirmé l’exclusion du parti du scrutin, estimant que Les Démocrates ne remplissaient pas les conditions légales, notamment l’obtention des 28 parrainages requis d’élus. Un coup d’arrêt brutal pour un parti qui espérait capitaliser sur la popularité de Boni Yayi pour peser dans la course à la succession de Patrice Talon.
À peine remis du choc présidentiel, le parti a encaissé une nouvelle secousse. Le 31 octobre 2025, six députés du groupe parlementaire Les Démocrates : Michel Sodjinou, Chantal Adjovi, Joël Godonou, Leansou Do Rego, Denise Hounmenou et Constant Nahum ont annoncé leur démission collective du groupe parlementaire du parti à l’Assemblée nationale. Dans une déclaration commune, ils dénoncent un “malaise interne” et une “gouvernance peu inclusive”, mettant en cause la direction du parti. Ces départs affaiblissent mécaniquement la position du groupe d’opposition à l’Assemblée, mais surtout, ils révèlent une crise de confiance profonde entre la base et la hiérarchie du mouvement.
Cette fragilisation intervient à un moment crucial du calendrier politique national. Dans quelques mois à peine, le Bénin organisera les élections législatives et communales, deux rendez-vous stratégiques pour mesurer la vitalité des partis et leur ancrage. Or, la formation de Boni Yayi aborde cette séquence étant divisée et affaiblie. Sans candidature présidentielle pour fédérer son électorat et avec des tensions internes persistantes, Les Démocrates risquent de perdre du terrain, notamment face aux formations proches du pouvoir, mieux structurées et financièrement plus stables.
Les Démocrates entre résilience et incertitude :
Malgré la crise, la direction du parti tente de rassurer.
Dans de récentes déclarations, elle affirme que le parti demeure uni dans son combat pour la démocratie et la justice sociale. Mais le défi est immense. Entre l’exclusion du scrutin présidentiel, la perte de six parlementaires influents et un climat interne tendu, le parti se retrouve face à une équation difficile : se reconstruire sans se fragmenter davantage.
En l’espace de quelques semaines, le rêve des Démocrates s’est effondré, révélant les limites d’une opposition encore en quête de cohésion et de stratégie. La course pour 2026 n’est pas encore terminée, mais pour Les Démocrates, elle s’annonce désormais comme une longue traversée du désert.
✍️ Nawas TOUGLO
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