Le Directeur Général du Budget (DGB), Rodrigue Chaou, a tenu une conférence de presse sur les trois critères de reversement des AME vendredi dernier. À cette conférence, la Fédération Nationale des Collectifs des Enseignants Pré-insérés du Bénin (FéNaCEPIB) a réagi. Elle rejette les trois (03) critères évoqués comme filtre pour le reversement des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) en ACDPE.
Dans une note publiée sur les réseaux sociaux et signée des porte-paroles de la FéNaCEPIB, Ferdinand Sourou MISSENHOUN et Pierrot Sourou Léon AKODJENOU, les enseignants expriment leur désaccord avec le gouvernement sur les critères évoqués par le DGB en vue du reversement des AME en ACDPE.
« L’ensemble des Enseignants AME (Aspirants au Métier d’Enseignant) du sous-secteur des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, réunis au sein de la FéNaCEPIB, dit NON aux critères discriminants pour le reversement des AME en Agents Contractuels de Droit Public de l’État (ACDPE).
Reversement n’est pas égal à sélection », peut-on lire dans la publication du 28 décembre 2024 de la FéNaCEPIB.
En effet, lors de la conférence de presse du DGB, l’âge, la moyenne au test d’admission dans la base de données et le diplôme professionnel d’enseignement sont les trois critères cités qui vont prévaloir lors du reversement des AME en ACDPE. Des critères balayés du revers de la main par les enseignants concernés. Pour eux, « les trois critères dévoilés, en termes de modalités, ne répondent en rien aux attentes de la communauté scolaire, encore moins des enseignants AME… »
Du rejet des critères à une proposition au gouvernement, sur le premier critère (l’âge), cela n’a pas été évoqué lors du test d’admission dans la base de données et ne saurait être pris en compte lors du reversement, argumente la FéNaCEPIB. Quant à la moyenne au test d’admission dans la base de données, comme second critère, elle peut être acceptée lors du déploiement, ont-ils suggéré.
Seulement, soutiennent-ils encore, du moment où le déploiement, de façon générale, n’avait pas tenu compte du mérite (rien que les fortes moyennes) et que c’était juste sur la base de l’admission que les lauréats avaient été déployés, on ne saurait donc utiliser ce critère comme élément favorisant. C’est à croire que les autorités mesurent la compétence pédagogique (cinq ans de services loyaux chez certains) à la moyenne obtenue dans la base, soutient la communauté enseignante.
Par rapport au critère lié au diplôme professionnel d’enseignement, ils estiment que « les tests d’AME n’avaient pas été organisés uniquement pour les détenteurs de diplômes professionnels. Ils n’ont pas non plus exercé, en termes d’ancienneté, plus que les détenteurs de diplômes académiques.
…Nous avions fortement martelé lors d’une rencontre avec les autorités qu’on ne saurait donner une importance préférentielle aux détenteurs de diplômes professionnels pour deux raisons :
les détenteurs de diplômes professionnels ne sont ni majoritaires, encore moins les plus anciens ;
les détenteurs de diplômes professionnels ne sont pas les seuls expérimentés », tranche la note de la FéNaCEPIB.
En raison de tout ce qui précède, la FéNaCEPIB dit rejeter les critères évoqués par le DGB lors de sa conférence de presse et invite le gouvernement à tabler sur des modalités objectives, que sont l’ancienneté de trois ans au moins et cinq ans au plus à compter de la date de la prise de décision de reversement par le Chef de l’État, et le reversement par promotion à défaut de prendre tout le monde.
Pour rappel, sur 31 270 AME concernés, le gouvernement souhaite reverser 3 000 AME pour la première vague.
✍️Léonel AGALATI (Stg)
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