Depuis quelques semaines, ça bouillonne entre autorités et étudiants sur le premier haut lieu de savoir du Bénin. En effets, pour plusieurs raisons, les étudiants du département des Mettres Modernes réclament à travers une lutte très engagée, la suppression des soutenances de licence et le recrutement d’enseignants qualifiés. La lutte a pris d’ampleur en peu de temps et s’est répandue rapidement dans toute la Faculté des Lettres Langues Arts et Communication. À cet effet, l’ancien Président de la voix des étudiants Aimé Cossi Agbokoun se prononce. Découvrez ici, l’intégralité de son message. 👇
«Les étudiants de la FLLAC ont lancé depuis un moment, un mouvement de grève pour réclamer entre autres, la suppression des soutenances dans ladite faculté et d’autres meilleures conditions d’études.
Pour rappel, les soutenances ont fait leur apparition à l’UAC dans certaines facultés avec le système des Licences Masters Doctorat (LMD) en 2012, un système inadapté à nos conditions d’étude car dans ce système, il faut un nombre maximum de 50 étudiants pour un enseignant. Un effectif qu’aucune faculté de nos universités publiques n’a jamais pu atteindre jusqu’à ce jour.
Nous sommes tous d’accord que ce système ne marche pas dans notre contexte mais pour des questions d’intérêt, nos gouvernants l’ont imposé en l’état sans qu’aucune condition ne soit réunie pour son application. Au prime à bord, certains enseignants s’y sont opposés avec les organisations syndicales estudiantines mais lorsqu’ils ont compris qu’ils pouvaient se faire énormément d’argents avec ce machin de LMD, ils se sont désolidarisés de la lutte.
Entre autres avantages du LMD pour nos gouvernants et enseignants, vous avez la suppression de la maîtrise qui était gratuite et qui est appelé aujourd’hui Master 1 coûtant des centaines de milles alors que le contenu est pareil voire moins riche, dans certaines filières. Avec l’ancien système, l’enfant du paysan pouvait facilement aller au doctorat avec peu de ressources financières. Avec le système LMD, nous avions vu l’apparition tous azimuts des faux frais d’inscriptions pédagogiques, des frais de sortie pédagogiques et bien d’autres. En un mot, tout est mis en œuvre pour soutirer de l’argent à l’étudiant qui peine déjà à trouver deux repas par jour. Pour soutenir aujourd’hui à la FLLAC, il faut non seulement débourser d’énormes sommes mais le comble est que vous devriez être soumis au diktats et aux humeurs des enseignants qui peuvent vous faire tourner en bourrique pendant plusieurs années. Certains étudiants ont validé toutes les unités d’enseignement depuis plusieurs années mais n’ont pas encore leur diplôme juste parce que l’enseignant n’a pas le temps ou carrément parce que la filière n’organise pas encore les soutenances. Dans le même temps, certaines facultés qui font le même système LMD ne font pas soutenir leurs étudiants à la fin de leur formation.
Les revendications des étudiants de la FLLAC sont légitimes et cette grève revendiquant la suppression des soutenances dans ladite faculté est légitime et n’est qu’un ras-le-bol des milliers d’étudiants qui n’en peuvent plus. Je suis solidaire de leur revendication et j’y apporte tout mon soutien.»
✍️Marc BATCHO
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