Au Bénin, les travailleurs réunis au sein de la Confédération des syndicats autonomes (Csa Bénin), de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb), et de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin) ont effectué une marche pacifique, dans la matinée du samedi 11 mai 2024. Objectif, exprimer leur ras-le-bol « contre la vie chère, la remise en cause des acquis sociaux, la mal-gouvernance » et certaines réformes du gouvernement.
Après leur marche pacifique du 27 avril 2024 étouffée par la Police Républicaine pour défaut d’autorisation, ils ont enfin obtenu du préfet du littoral, ce feu vert qui leur a permis de mener cette marche. Ainsi, encadrée par la police, cette marche pacifique de la Bourse du travail à la place de l’Etoile rouge a permis, selon la déclaration des responsables syndicaux concernés, de « protester contre la vie chère, la remise en cause des acquis sociaux, la mal gouvernance et l’overdose de réformes aux effets mitigés sur la qualité de vie du laborieux et intrépide peuple béninois dont les gouvernants actuels ont en charge la destinée depuis huit ans » avec des pancartes griffées, « ensemble disons non à la cherté de la vie et oui à de meilleures conditions de vie et de travail pour toutes et tous ».
Dans la motion lue à la place de l’étoile rouge, les manifestants ont déploré le silence des autorités politiques du pays face à ce qu’ils ont qualifié de « cherté excessive de la vie ». Selon eux, la vie chère que traverse le Bénin découle principalement de la mal gouvernance et de la politique fiscale mise en œuvre par le gouvernement de Patrice Talon. « La cherté excessive de la vie au Bénin n’est pas seulement due au contexte international. Elle est d’abord et avant tout la résultante de plusieurs facteurs internes dont la mal gouvernance instaurée depuis 2016 corroborée par une politique fiscale qui écrase les populations», ont mentionné les responsables syndicaux dans leur déclaration.
De plus, ils ont fait observer que la pauvreté bat son plein et que 80% des Béninois vivent en dessous du seuil de pauvreté. « La conséquence de la politique fiscale asphyxiante est l’explosion du taux de pauvreté au Bénin. Huit Béninois sur 10 vivent désormais en dessous du seuil de pauvreté selon une enquête d’Afro baromètre publiée en 2022 », ont-ils fait savoir avant de marteler au chef de l’État Patrice Talon que « ça ne va pas ». « Monsieur le Président, si vous ne le saviez pas, désormais, c’est chose faite, vos compatriotes vont mal, très mal. Oui, ils n’en peuvent plus, ils ne supportent plus. Ils sont fatigués » ont-ils laissé entendre.
Par ailleurs, pour les manifestants, il urge que Patrice Talon se penche entre autres sur les questions de « la cherté excessive de la vie, la politique fiscale asphyxiante du gouvernement, l’effritement vertigineux et continu de leur pouvoir d’achat, le sous-emploi et le chômage devenus endémiques, les barbaries et bavures policières, l’inflation législative avec au compteur des lois crisogènes, scélérates et réductrices des libertés individuelles et collectives, les salaires et revenus de misère, la précarité de l’emploi ». Ainsi, ils ont exigé que des « mesures adéquates et à impact immédiat » soient prises pour juguler la cherté de la vie. De plus, ils réclament, « l’ouverture sans délai d’un dialogue franc, sincère et producteur de résultats concrets en lien avec les revendications des travailleurs et les aspirations profondes du peuple, et l’organisation sans délai d’une conférence sur la gouvernance sociale et les mécanismes de dialogue social adaptés aux défis d’un mieux être partagé au Bénin ».
Pour finir, ils ont exigé « La libération sans conditions des 21 détenus suite à la marche du 1er mai 2024 » tout en plaidant par la même occasion, pour la « réintégration des 20 dockers radiés le 09 mai 2017 pour fait de grève ».
✍️ Nawas TOUGLO
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