Le règlement des droits et arriérés de salaires des ex-agents recrutés localement dans les musées publics marque la fin d’une longue période d’attente. Au-delà des chiffres, cette décision concerne des hommes et des femmes dont la vie professionnelle est restée suspendue pendant plusieurs années.
Pendant longtemps, dans les musées publics, du personnel local assurait l’accueil, la surveillance et l’entretien des sites. Ces agents étaient rémunérés sur la base des recettes issues de la billetterie. Un mode de fonctionnement fragile, sans cadre formel précis ni mécanisme de contrôle strict, qui a progressivement montré ses limites dans la gestion des fonds.
En décembre 2018, l’État a mis un terme à cette pratique en ordonnant le reversement systématique des recettes de billetterie au Trésor public. Cette réforme, nécessaire pour assainir la gestion, a toutefois eu une conséquence directe : les musées se sont retrouvés sans ressources propres pour rémunérer ces agents. Les contrats ont alors été rompus, laissant derrière eux des salaires impayés.
Derrière cette situation administrative, il y avait des réalités humaines difficiles : des familles fragilisées, des charges accumulées et des années d’incertitude pour des agents sans statut formel, mais ayant effectivement travaillé pour le service public culturel. En décidant de procéder au règlement des droits et arriérés de salaires, le gouvernement apporte une réponse attendue. Cette mesure reconnaît la valeur du travail accompli et engage la responsabilité de l’État, tant sur le plan moral que juridique.
Si cette décision ne peut effacer les années de précarité vécues, elle contribue néanmoins à restaurer une part de justice et de dignité. Elle rappelle surtout un principe fondamental : le travail rendu à la nation appelle toujours une contrepartie, même lorsque les contrats ont pris fin.
✍️Rodrigue Odilon FIODESSIHOUE
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