Le débat sur la révision de la constitution continue d’alimenter la classe politique béninoise. De l’opposition en passant par la société civile à la mouvance présidentielle, le sujet préoccupe plus d’un et suscite toujours de réactions. Si certains jugent opportune la proposition de loi portant révision de la constitution introduite à l’Assemblée nationale par le député Assan Seibou, président du groupe parlementaire Bloc républicain, d’autres estiment qu’elle n’est pas nécessaire. Après la Renaissance Nationale de Claudine Prudencio, c’est le tour du parti Mouvement des Élites Engagées pour l’Emancipation du Bénin ( MOELE-BENIN ) d’afficher son opposition à la révision de la constitution. Tous deux soutenant les actions du gouvernement du Président Patrice Talon.
Pas besoin de réviser la constitution pour régler le problème de l’égalité entre les maires en ce qui concerne leurs pouvoirs de parrainer les duos de candidats à l’élection présidentielle de 2026. C’est ce qu’il convient de retenir de la position du parti MOELE Bénin au sujet de la révision de la constitution. Il l’a fait savoir à l’issue d’une session extraordinaire tenue le jeudi 1er février 2024 par le bureau politique national dudit parti.
En effet, suite à l’injonction de la cour constitutionnelle à l’Assemblée nationale à l’effet de modifier le code électoral pour rétablir l’égalité de parrainage des maires et députés aux duos présidentiels de l’élection de 2026, une proposition de loi portant révision de la constitution a été introduite au parlement par le député Assan Seibou. Cette proposition de loi veut inverser l’ordre des élections en mettant les présidentielles en février 2026 et les élections couplées législatives et municipales en mai de la même année afin de corriger cette injustice. Une raison qui ne convainc pas le parti Moele Bénin qui pense que procéder ainsi, serait contraire au régime présidentiel actuellement adopté au Bénin.
Reçu ce dimanche, 04 février 2024 sur l’émission zone franche de Canal 3 Bénin, Jacques Ayadji président de Moele Bénin a confirmé la position de sa formation politique. « Nous avons estimé que, on a pas besoin d’aller jusqu’à la révision de la constitution pour satisfaire à cette injonction de la Cour» a-t’il précisé. Car « Prendre la révision de la constitution comme solution au problème posé par la cour, nous semble recourir à la bombe atomique pour tuer une mouche. On en a pas besoin » a poursuivi Jacques Ayadji.
Pour cela, Moele Bénin fait deux propositions qui ne nécessitent pas une modification de la loi fondamentale. La première veut que le code électoral soit laissé en l’état « pour mettre à profit les huit jours plus trois prévus par le législateur pour permettre aux candidats de compléter leurs dossiers ». Ce qui fait que « les candidats qui auront déposé leur dossier de candidature à la CENA le 5 février 2024 ou avant, auront jusqu’au 16 février 2024 (soit 24 heures après la date limite d’installation des conseils municipaux) pour remettre à la CENA leurs parrainages en complément de leurs dossiers initiaux ».
La seconde solution est de « ramener à trente (30) jours de l’ouverture de la campagne électorale, la date limite de dépôt des dossiers de candidature au lieu des cinquante (50) jours initialement prévus ».
✍️Anselme ORICHA
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