La question urgente de l’extrémisme violent expose davantage les communes frontalières béninoises à agir. Pour prévenir ce phénomène, les leaders communautaires des différentes communes frontalières (Kandi, Malanville, Gogounou, Ségbana, Karimama, Banikoara) du département de l’Alibori ont été sensibilisés ce mercredi 20 décembre 2023 à Kandi, lors d’un atelier de sensibilisation et de renforcement de capacités.
Initié par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) au Bénin, ce partage d’expériences a connu la participation des autorités locales et administratives ainsi que des leaders politiques, religieux et traditionnels autour de deux thématiques abordés ; « Prévention de l’extrémisme violent et résolution des conflits » et « Engagement communautaire et des droits humains ».

Pour Yaya Bouko, Deuxième adjoint au maire de Kandi représentant le maire ainsi que Aboudou Razack Bako, représentant du préfet de l’alibori, cette initiative est salutaire car elle vient en renfort aux structures étatiques pour la co-production de la sécurité et participer à la cohésion sociale. A leur suite, le Directeur Départemental de la Police Républicaine (Ddpr) Barnabé Amagbegnon et le Président du tribunal de Kandi Joslyn Gbaguidi ont développé et rappelé, à respectivement l’impact de l’engagement communautaire pour les communes à travers les thèmes abordés.

Les échanges issus des groupes de travail ont permis aux participants d’identifier unanimement la question relative à l’occupation anarchique des terres et la transhumance due à l’éternel conflit entre éleveurs et agriculteurs. Pour l’ensemble des participants, cette initiative de l’OIM vient à point nommé dans une perspective où ledit département, frontalier à trois pays limitrophes du Bénin, est devenu le lieu des conflits transfrontaliers. Ils ont invité l’OIM à pérenniser l’initiative et à soutenir l’État dans son ambition de sédentarisation des éleveurs. Ils ont promis par la suite, partager les acquis de ces discussions afin d’impacter le maximum de la population. « J’ai été impactée par ces échanges en tant que femme, je vais partager avec les autres femmes, toutes les informations reçues ici » souligne Adjara Garba Yacouba, représentante des femmes de la commune de Karimama.

Cette activité entre dans le cadre du projet « Promouvoir la coopération transfrontalière pour la prévention des crises et le renforcement des structures étatiques pour rétablir ou assurer la stabilité dans les zones frontalières fragiles » mis en œuvre par l’OIM et financé par le Ministère Fédéral Allemand des Affaires Étrangères. Ledit projet vise une approche participative pour permettre aux différents participants d’interagir en mettant en évidence le rôle important que joue l’engagement des communautés frontalières pour relever les défis contemporains en matière de résolution de conflits frontaliers et de prévention de l’extrémisme violent.
✍️ Nawas TOUGLO
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