- Les acteurs locaux sont désormais mieux informés pour apporter des solutions.
La salle de conférence de la mairie de Natitingou a servi de cadre, ce mardi 5 mai 2026, à un atelier de dissémination des résultats de la collecte de données exploratoire sur les Vbg auprès des personnes déplacées dans les départements du nord du Bénin. Cette activité de restitution intervient à la suite d’une étude de collecte de données dans les zones affectées par l’extrémisme violent et les zones d’accueil des déplacés, réalisée en 2025 par le Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance à travers l’Observatoire de la Famille, de la Femme et de l’Enfant (OFFE) avec l’appui de l’ambassade royale des Pays-Bas représentée Engenderhealth.
« L’atelier qui nous réunit ce jour constitue une étape essentielle. Il vise non seulement à partager les résultats de cette étude, mais aussi à susciter une réflexion collective et des engagements concrets en faveur de la protection des personnes déplacées, en particulier des couches les plus vulnérables », a laissé entendre Lazare Dagba, représentant du directeur départemental des affaires sociales et de la microfinance de l’Atacora. Conscient des défis auxquels fait face son département, Lazare Dagba a salué l’engagement des différents acteurs, notamment les autorités administratives, les forces de sécurité ainsi que les services techniques, et a ensuite souligné leur implication accrue dans le renforcement de la prévention des violences. « {…} Votre implication est déterminante pour renforcer la prévention des violences, améliorer la prise en charge des survivantes et survivants et promouvoir un environnement protecteur pour tous », a laissé entendre le représentant du Ddasm.

Pour finir, Lazare Dagba a invité tous les différents acteurs à « une participation active et constructive aux travaux de cet atelier » en vue de proposer des recommandations pertinentes et réalistes pour une mise en œuvre efficiente. Par la même occasion, la Direction départementale des affaires sociales et de la microfinance de l’Atacora réaffirme « sa disponibilité à accompagner toutes les initiatives visant à renforcer la cohésion sociale, la résilience des communautés et la protection des personnes vulnérables ».
En effet, depuis quelques années, le Bénin fait face à l’extrémisme violent à travers plusieurs actes attentatoires à la paix et à la cohésion sociale. Selon Nassirou Kassoumou Hararou, Directeur Général de l’OFFE, l’extrémisme violent constitue aujourd’hui une menace pour la quiétude, la paix et surtout la sécurité sous toutes ses formes. Un phénomène qui, à en croire le directeur général de l’Observatoire de la famille, de la femme et de l’enfant, remet en cause les fondements des droits humains. Et son impact est à la fois individuel et collectif, entraînant la « perturbation de la quiétude, la déstabilisation de nos communautés et des violences de tout type », a souligné Nassirou Kassoumou Hararou. C’est aussi un phénomène qui est à la base des déplacements dans plusieurs communes.

« Aujourd’hui, beaucoup de communes de notre pays proches des zones frontalières accueillent et regorgent d’un nombre non négligeable de personnes déplacées », a confié le directeur général de l’Offe. Les personnes déplacées sont souvent confrontées à d’énormes difficultés, dont la violation des droits humains. « C’est donc pour une meilleure compréhension des impacts de l’extrémisme violent sur les personnes déplacées en général et en particulier sur les femmes et les filles que le ministère des affaires sociales et de la microfinance, à travers l’Offe, a réalisé cette collecte de données exploratoires pour nous permettre d’avoir des évidences et des données probantes sur ces personnes, sur les violences dont elles sont sujettes, sur les localités d’accueil, leurs profils et surtout sur les besoins d’accompagnement qui sont les leurs », a précisé le directeur général de l’Offe, Nassirou Kassoumou Hararou.
L’objectif est d’anticiper sur les réponses idoines à leur apporter en termes de mesures à mettre en œuvre aussi bien par l’État que par la communauté des partenaires techniques et financiers et les organisations de la société civile. « C’est donc à titre préventif que nous avons réalisé cette étude pour mieux comprendre le phénomène, mieux comprendre les besoins spécifiques de protection auxquels ces personnes sont confrontées et préparer les réponses qui leur seront apportées », a insisté Nassirou Kassoumou Hararou.

Une fois la collecte effectuée, « nous avons recensé qu’il y a pas mal de services, mais cela ne suffit pas encore au regard de ce dont ils ont pu bénéficier », a fait savoir Blandine Okry, cheffe du service de la recherche, de l’information et de la maîtrise des risques. Selon son exposé du rapport de l’enquête, seulement 65% des personnes déplacées sont formellement enregistrées au niveau des quatre départements du nord du pays, laissant en rade une grande partie de ces couches vulnérables. Présentant la situation socio-démographique des personnes déplacées elle a rappelé qu’elles sont majoritairement de sexe féminin (53%) et qu’elles sont confrontées principalement à eux formes violences (psychologique et morale puis économiques) qui à elles seules représentent plus de 60% des violences vécues par ces personnes.
L’enquête a révélé des besoins prioritaires tels que les besoins alimentaires et les besoins financiers en vue de mener des activités génératrices de revenus, traduisant non seulement l’extrême précarité dans laquelle vivent ces personnes, mais également une volonté affichée de s’affranchir de la dépendance humanitaire par la réalisation d’activités qui leur assure une autonomie financière. « Nous nous sommes rendu compte qu’il y a encore beaucoup à faire pour faciliter l’accès à ces différents services », a souligné Blandine Okry. Elle espère cependant qu’à la suite de cette séance de restitution, les différents acteurs sociaux et participants seront désormais mieux aguerris afin de pouvoir mieux protéger ces personnes déplacées, assurer leur suivi, mais aussi les rendre financièrement autonomes.

Il faut préciser que l’étude a été réalisée dans quatre communes, dont Natitingou et Kouandé dans l’Atacora, ainsi que Kandi et Gogounou dans l’Alibori, a fait savoir le directeur général de l’Offe. Le choix de ces communes n’est pas anodin, a-t-il fait savoir.
L’atelier s’est déroulé en présence de la secrétaire exécutive Djamilatou Yerima, qui a exprimé ses attentes à la suite de la présentation de ces résultats, espérant que des solutions palliatives seront apportées dans les plus brefs délais pour apporter des réponses adéquates aux besoins des personnes déplacées dans les différentes communes.
✍️Serge KAKPOCHICHI
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