La consommation des repas chauds dans des sachets plastiques non dégradables devient une pratique courante dans le quotidien des habitants de la ville de Parakou. Cette habitude est perçue comme un moyen pratique, moins encombrant et facilement accessible. Pourtant, derrière cette commodité apparente se cachent des risques sanitaires liés aux résidus chimiques que libèrent ces sachets au contact des aliments chauds.
Dans la fabrication des sachets plastiques, plusieurs composés chimiques sont utilisés. Sous l’effet de la chaleur, ces substances se diffusent dans les aliments, qui en deviennent alors porteurs. Ces composés sont reconnus comme étant cancérigènes. Selon des études menées sur le long terme, cette pratique peut favoriser l’apparition de cancers chez les consommateurs. Le risque peut se manifester après cinq, dix, voire quinze ans, selon la fréquence de consommation, la sensibilité de la personne et la durée d’exposition.
L’habitude de consommer régulièrement du watché, de la bouillie, du pâté ou d’autres aliments chauds dans des sachets plastiques augmente également l’exposition à des perturbateurs endocriniens. Ces substances affectent particulièrement le système hormonal, notamment chez les femmes, et peuvent provoquer de sérieux déséquilibres. La substance la plus connue dans la fabrication des sachets plastiques est le bisphénol A. Elle est fortement impliquée dans le risque de cancer. Des études montrent également qu’elle est liée à l’obésité, laquelle constitue un facteur majeur de maladies non transmissibles comme le diabète et l’hypertension. L’utilisation des sachets plastiques pour les repas chauds est donc fortement déconseillée.
Si pour certains cette pratique relève d’une contrainte liée à l’accessibilité et à la rapidité de service, pour d’autres elle est considérée comme un luxe ou une solution moins encombrante. Cependant, pour le médecin nutritionniste et diététiste à la fondation Hubi et Vinciane, Rahmat Tchoukouna Sokouinto, il s’agit d’une erreur. «Notre santé passe par l’alimentation et l’alimentation est censée nourrir et prévenir les maladies et une mauvaise alimentation va surtout contribuer à des maladies plus tard», a-t-elle fait savoir.
La nutritionniste a également prodigué des conseils, notamment à l’endroit des femmes allaitantes. Elle invite à changer de comportement face à cette pratique. Pour ceux qui trouvent les bols encombrants, elle recommande l’usage de plats jetables non plastiques. Elle alerte particulièrement sur l’exposition précoce des enfants. Aux mamans qui donnent de la bouillie ou du watché dans des sachets plastiques dès le bas âge, les conséquences pourraient apparaître dans 15 ou 20 ans sous forme de maladies chroniques. Pour prévenir ces risques, il est essentiel d’adopter dès maintenant de bonnes habitudes alimentaires et d’éviter ces sachets nuisibles à la santé et à l’environnement.
Pour limiter la contamination chimique des aliments, l’utilisation de feuilles naturelles comme celles de maïs, de bananier ou de teck est recommandée. À défaut, il est conseillé de garder un bol en aluminium ou d’opter pour des plats jetables non plastiques. Les glacières à intérieur plastique sont également déconseillées.
Enfin, il est important de souligner que les sachets plastiques représentent une menace environnementale majeure en raison de leur caractère polluant. L’usage de glacières inoxydables et de contenants durables constitue une alternative plus saine et plus respectueuse de l’environnement.
✍🏽 Léonel AGALATI
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