Du 12 au 14 mai 2026, la vallée d’Ezulwini, en Eswatini, a accueilli la première session de l’Assemblée parlementaire conjointe entre l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) et l’Union européenne. Elle a réuni des représentants des pays africains, caraïbes, pacifiques et des députés du Parlement européen autour de la mise en œuvre de la dimension parlementaire du nouvel Accord de Samoa, désormais cadre juridique des relations entre les deux blocs. Prenant part à cette session, l’honorable Émilie Tibouté a porté un plaidoyer en faveur du développement, de la sécurité et de la cohésion sociale.
Durant les travaux, les échanges ont porté sur la sécurité, la jeunesse et la mobilité, le développement économique ainsi que les partenariats concernant les minéraux. Prenant la parole, l’honorable Émilie Tibouté a défendu une vision fondée sur le lien entre sécurité et développement. « Il n’y a pas de sécurité durable sans développement et pas de développement possible sans sécurité », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que sa commune a droit à une belle vie, à des emplois durables, à la paix et à la stabilité, fondements de tout développement. Toutefois, elle a souligné que sa commune est confrontée à des défis sécuritaires croissants liés à la pression des groupes armés non étatiques opérant dans la sous-région du Sahel. Une situation qui fragilise les acquis en matière de développement socio-économique et accentue la vulnérabilité des populations locales.

L’élue de la 4e Circonscription électorale a également évoqué les conséquences de cette situation dans le département l’Atacora. Selon elle, le tourisme a complètement baissé avec ses corollaires, les guides touristiques n’ont plus de travail, les femmes artisanes ne vendent plus et les enfants ne vont plus à l’école pour des raisons d’insécurité. Face à ces défis, elle a annoncé qu’un forum sur le développement et l’attractivité des territoires dans un contexte de défis sécuritaires est envisagé, avec une valorisation des produits artisanaux. Pour elle, alors qu’en 2050 un habitant sur quatre sera africain, les parlements nationaux ont un rôle stratégique à jouer dans l’élaboration des cadres juridiques adaptés et la mobilisation citoyenne et territoriale. Elle a ainsi plaidé pour un dialogue interparlementaire renforcé, une réponse coordonnée, cohérente et durable, la promotion d’une approche intégrée entre sécurité, développement et cohésion sociale, le financement de la sécurité, mais surtout le financement du développement.
Par ailleurs, l’honorable Émilie Tibouté a aussi proposé la création d’un mécanisme parlementaire d’alerte et de prévention permettant la remontée rapide des informations territoriales, l’anticipation des crises et le dialogue direct avec les exécutifs. Elle a également mis l’accent sur la mise en place de mécanismes de cohésion sociale et de résilience communautaire ainsi que sur l’appui aux initiatives locales de paix, avec l’implication des jeunes et des femmes comme sentinelles de paix.
Pour finir, l’honorable a rappelé que l’Afrique est le réservoir des ressources et des matières premières. En pleine construction de son développement, le continent reste confronté à un fort taux de chômage. « Il n’y a pas de dignité sans travail. Le véritable développement ne peut pas être imposé de l’extérieur. Un peuple doit puiser dans ses propres ressources humaines, culturelles, historiques et économiques pour construire son avenir », a conclu l’honorable Émilie Tibouté.
✍🏼 Léonel AGALATI
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