Pour faire face aux défis grandissants de l’éducation béninoise, le gouvernement s’emploie depuis plusieurs années à mettre en œuvre des politiques visant à restructurer le secteur, tout en s’attaquant à des problématiques telles que la faible scolarisation, les disparités régionales, la pauvreté et les normes sociales défavorables aux filles. C’est dans ce contexte qu’un atelier de dialogue politique départemental a réuni, ce mercredi 17 décembre 2025 à Ouassa-Pehunco, les acteurs éducatifs de l’Atacora pour la présentation des résultats de la collecte de données sur un certain nombre de thématiques. Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet de Renforcement des OSC pour la Redevabilité des Politiques et leurs Mises en Œuvre (PRO-RePEM), mis en œuvre par le consortium Dedras ONG et Social Watch Bénin. La rencontre a réuni des acteurs éducatifs de l’Atacora, notamment les représentants des Directeurs Départementaux (DDEMP, DESTFP, DDASM), le directeur du projet, Sylvain Aloubani, du premier Adjoint au Maire de Péhunco, ayant présidé la séance, le représentant du maire de Kèrou, les CCS et Directeurs de Collèges de Kérou et de Péhunco, le président de l’Observatoire Communal de l’Éducation (OCE) de Pehunco, Kassim Sèbè, et de Péhunco, ainsi que le président ODE/Atacora et bien d’autres participants.

Lancé en avril 2022, le projet RePEM ambitionne de renforcer le rôle de la société civile dans la promotion de la transparence et de la redevabilité des politiques éducatives et de leur mise en œuvre. À travers ce type de dialogue, il vise à contribuer à l’amélioration de l’offre éducative, en faveur d’une éducation équitable, inclusive et résiliente, y compris en situation d’urgence. En effet, l’objectif de cet atelier était de présenter aux participants les résultats d’une étude portant sur les mesures prises par le gouvernement béninois en matière d’éducation, tout en recueillant les analyses, recommandations et suggestions des acteurs impliqués dans la mise en œuvre de ces politiques sur le terrain. Lesdites mesures sont l’exonération scolaire des filles du secondaire, étendue par une discrimination positive territoriale au second cycle dans 20 communes défavorisées, l’appui aux ménages à travers les transferts monétaires du projet SWEDD, ainsi que les réformes inscrites dans la stratégie de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle.

À l’issue de la présentation des résultats par le président de l’Observatoire Communal de l’Éducation (OCE), Kassim Sèbè, les participants, du représentant du maire de Pehunco, Gounou Seke, à celui du maire de Kérou, Sabi Moktar Amadou Zakari, en passant par les chefs des circonscriptions scolaires des deux communes et les autres participants, ont unanimement salué l’initiative. « Je salue l’initiative de cet atelier qui nous permet d’apprécier le rôle des OCE. C’est bien de faire le bilan du chemin parcouru et d’anticiper sur les difficultés à venir », a laissé entendre Jean-Marie Kponou, chef de la circonscription scolaire de Pehunco. Un avis partagé par son homologue de Kérou, Bossou Paulin Anatole, qui a affirmé : « Le bilan fait au cours de cette séance est positif et il convient vraiment de faire pérenniser les actions. À travers ce bilan, nous avons constaté une amélioration du taux de scolarisation des filles ».
Malgré ces avancées, les acteurs éducatifs ont formulé plusieurs recommandations visant à améliorer l’impact des politiques en cours. Il s’agit notamment de la sensibilisation des parents pour l’obtention des actes de naissance des enfants afin qu’elles puissent bénéficier du projet, de l’extension de l’exonération scolaire aux garçons, de l’élargissement de la tranche d’âge des filles bénéficiaires du projet SWEDD, de la réduction des frais de formation dans les lycées techniques et centres de formation professionnelle et de l’augmentation du nombre de communes concernées par ces mesures.
✍️ Nawas TOUGLO
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