Annoncé comme l’un des projets sportifs majeurs du septentrion béninois, le chantier du stade omnisports départemental de Parakou peine visiblement à décoller. Plus de cinq mois après le démarrage officiel des travaux et la remise du site aux entreprises, le constat sur le terrain suscite interrogations et inquiétudes. Seule la démolition a été effectuée. Pire, les gravats et les bâtiments cassés jonchent encore les lieux.
Le 5 décembre 2025, les premières machines étaient pourtant déployées sur le site, laissant entrevoir le début effectif d’un vaste projet destiné à doter la ville d’une infrastructure sportive moderne. Quelques jours plus tard, le 19 décembre 2025, les autorités dont le préfet Djibril Mama Cissé et le maire d’alors Inoussa Chabi Zimé, procédaient à la remise officielle du site pour la construction d’un stade départemental annoncé aux normes FIFA, avec un délai d’exécution fixé à 21 mois pour le stade principal. Mais depuis, le chantier semble figé.
Parakou, 3e ville à statut particulier et vitrine du septentrion sans véritable infrastructure sportive
Aujourd’hui, Parakou, pourtant considérée comme la vitrine du septentrion, se retrouve sans stade opérationnel pour accueillir les championnats nationaux. Une situation qui affecte directement les clubs de la ville engagés dans les différents championnats. À titre illustratif, en Celtiis Ligue 1, les Buffles FC du Borgou sont contraints de recevoir leurs adversaires à Tchaourou. En deuxième division, Dynamo de Parakou dispute ses matchs à domicile à Kouandé. Chez les dames, Élite AC évolue également loin de ses supporters, avec des réceptions organisées à Tchaourou en ligue féminine. Cette délocalisation forcée a de lourdes conséquences sportives et économiques. Les clubs perdent progressivement l’avantage du terrain, l’appui des supporters et une partie de leurs recettes liées aux rencontres à domicile. Les supporters, quant à eux, sont privés de spectacle sportif de proximité, faute d’infrastructures adaptées dans leur propre ville.
Des interrogations sur la conduite du projet
De nombreuses voix s’interrogent désormais sur le rythme d’exécution des travaux. Pourquoi le chantier peine-t-il à évoluer ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Les financements sont-ils totalement disponibles ? Existe-t-il des contraintes techniques ou administratives ralentissant l’exécution du projet ? Pour l’heure, aucune communication majeure n’a véritablement permis de rassurer les populations sur l’évolution du dossier. Pourtant, l’attente est immense autour de cette infrastructure appelée à devenir l’un des principaux espaces sportifs du septentrion.
Ville universitaire et carrefour stratégique du nord du Bénin, l’absence d’évolution visible sur un projet aussi emblématique de Parakou alimente les frustrations au sein de la population. Le contraste est d’autant plus frappant que le délai global annoncé pour la réalisation du stade est de 21 mois. Pourtant, après plus de cinq mois, aucune véritable phase de construction n’est perceptible sur le site.
Il devient urgent que les différentes parties prenantes au projet rassurent l’opinion publique. Entre reprise effective des travaux et nécessité d’une communication claire sur les véritables difficultés du chantier, les regards restent désormais tournés vers les autorités compétentes et l’entreprise en charge de l’exécution. Nombreux sont ceux qui espèrent voir ce projet structurant sortir rapidement de l’immobilisme afin de redonner à la ville de Parakou son statut de véritable place forte du sport dans le septentrion.
✍️ Nawas TOUGLO
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