L’ex Président de la République du Bénin, Boni Yayi s’est catégoriquement opposé à la révision de la constitution du 11 décembre 1990 avant la fin du mandat du Président Patrice Talon, ceci pour quatre raisons qu’il a énuméré. Il les a dévoilées ce mercredi 31 janvier 2024.
Selon l’ex président, chef du parti d’opposition Les Démocrates, cette proposition portée par le député Assan Séïdou n’est qu’un piège. En effet, opposant ferme sur son refus, Yayi questionne à travers son opinion publiée sur sa page Facebook : « À deux ans de la fin de son mandat, et alors que rien ne presse, pourquoi le Président Talon entreprend-t-il de réviser une seconde fois la constitution du 11 décembre 1990 ? ». Il fait comprendre donc que cette proposition est un appui à l’échec de l’initiative en cours. Son opposition s’explique par quatre raisons.
D’abord, « il n’y a aucun péril à maintenir en l’état de la constitution du 11 décembre 1990. Aucun problème, aucune difficulté ne se poserait » dit il. Il n’y a donc en ce premier point aucune obligation poussant à la révision de la constitution. Ensuite, il parle du dysfonctionnement, d’où il affirme : « à la date du dépôt de cette proposition de loi de révision, aucun diagnostic n’a conduit à constater le problème et en conséquence, à proposer une modification de la constitution. Car personne,en dehors du pouvoir actuel ne voit en quoi organiser les élections législatives et municipales avant les élections présidentielles en 2026 poserait le problème à notre pays. » Et « d’ailleurs, l’opposition n’avait jamais identifié un problème, un dysfonctionnement, une faille qui nécessiterait une révision de la constitution deux ans avant la fin définitive du mandat du Président Talon. L’opposition n’avait pas non plus envisagé une révision pour inverser l’ordre des élections et retoucher l’article 42 de la constitution ». Le dysfonctionnement n’est donc pas un argument convaincant pour revoir la constitution.
De plus, Boni Yayi soutient sa thèse en affirmant, « elle ne vient régler aucun dysfonctionnement, aucune malformation normative dont la non résolution créerait des difficultés au processus électoral. Cette révision n’est pas technique et il serait illusoire de se perdre en conjecture ou de chercher à discuter de son aspect raisonnable ou technique ». C’est donc un risque pour le pays de laisser passer cette proposition veut-il faire comprendre. Pour finir, il dit « c’est un projet politique qui vise à atteindre les objectifs du Président Talon pour 2026. C’est un projet stratégique qui vise à prendre de court le peuple béninois, à dribbler l’opposition et à régler des comptes aux dissidents de la mouvance présidentielle. Cette révision, c’est le projet personnel du Président Talon. Ce n’est pas celui du peuple béninois,ni de l’opposition ». Voulant dire que le Président en fin de mandat prépare un piège pour le peuple béninois. Il n’est donc pas évident de donner son accord pour cette révision. « Cette révision est un piège potentiel dans lequel il convient de ne pas tomber pour ne pas replonger le Bénin dans l’incertitude et la crise. Le projet introduit par la mouvance présidentielle est un attaque nigaud, une boîte de Pandore d’où pourraient s’échapper plusieurs malheurs ».
Toutes ces raisons prouvent clairement que le leader des Démocrates est catégoriquement contre la révision de la constitution du 11 décembre 1990 avant la fin du mandat de Patrice Talon. La suite des évènements nous en diront plus.
✍️ Raïmatou SANKA (Stg)
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