Chaque premier dimanche du mois de février, la communauté Idaasha vibre aux rythmes de «Bɔ̀lù» . C’est l’esplanade du bar “Même père même mère” sise à Calavi qui accueille les festivités de cet évènement chaque année. L’édition de cette année n’a pas manqué de marquer sa particularité le dimanche 05 février dernier.
‹‹ La culture, c’est ce qui demeure en l’homme lorsqu’il a tout oublié››, disait Édouard HERRIOT. Une dicocitation que va renchérir plus tard l’ancien Président français Nicolas SARKOZY qui, rapprochant la culture au bonheur pense que cette dernière doit non seulement être précieusement conservée mais aussi et surtout se partager : « La culture, c’est un peu comme le bonheur, ça se partage», dixit-il. C’est sans doute ce qu’ont compris les initiateurs du festival ‹‹Bɔ̀lù›› .Un évènement grandiose qui rassemble, en général, tous les fils et filles de l’aire culturelle Idaasha mais en particulier ceux vivant à Calavi, Cotonou et environs, principalement autour de la danse «Bɔ̀lù». L’édition de cette année a été riche en couleurs et a drainé un monde fou de festivaliers venus de partout, parmi lesquels nous avions pu identifier la présence effective de certaines personnalités Idaasha mais aussi d’autres communautés linguistiques qui n’ont pas manqué d’exprimer leur euphorie de cet évènement culturel. Le parrain de l’évènement de cette année, quant à lui, s’est montré très fier du choix porté sur sa personne et s’en est réjoui:« J’ai été très fier d’avoir été identifié pour parrainer cet évènement cette année», a déclaré M. Franck Okry NONVIGNON. Un sentiment de fierté exprimé aussi par la quasi-totalité des festivaliers de même que les initiateurs. A en croire le promoteur dudit festival, c’est une édition qui se démarque de celles précédentes, surtout du point de vue de l’effectif des festivaliers qui est allé grandissant : ‹‹ Nous avons enregistré plus du monde que les éditions passées et nous sommes très émus que la communauté Idaasha ait déjà compris l’importance de cet évènement pour le développement de ses valeurs culturelles», en témoignait M. Loth AKPO. Un constat également observé, en substance par bien d’autres personnalités notamment Mesdames et messieurs Flora AGBRA, Samuel OROUNLA, Dieu- donné AGBAKA, Vincent ATTEGUI, Martin IDJISHÈ…, tous acteurs de la promotion culturelle Idaasha et personnes ressources. De même, certaines personnes d’autres communautés linguistiques, amoureuses des cultures locales ont aussi fait le déplacement et ont d’ailleurs très bien apprécié l’initiative à sa juste valeur. « Je suis très content d’avoir vécu cette rencontre culturelle et je vous informe que personne ne m’a invité avant d’être ici. J’ai juste lu et écouté l’annonce de l’évènement via les réseaux sociaux et comme j’aime la culture locale, j’ai tenu y faire un tour malgré mon agenda », nous a confié M.Philippe HOUSOUNOU, Garagiste à Africa Land de Cotonou et locuteur Aïzo. C’est aussi le cas de M. Vincent AWE, journaliste à la radio Alafia qui n’a pas lui aussi manqué d’exprimer sa joie de l’évènement : « Je suis très comblé d’avoir vécu ce festival et je salue sincèrement le promoteur pour cette géniale idée qu’il faut soutenir», a laissé entendre le natif de Savè. En outre, il est important de rappeler qu’à côté du rythme et de la danse «Bɔ̀lù» qui sont vantés, ce festival valorise également les boissons et mets locaux typiquement Idaasha, avec une particularité cette année : « Au delà du rythme et de la danse «Bɔ̀lù» vantés, il y a également les boissons et mets locaux des Idaasha tels que les différentes variétés de beignets (shɔ̀mbɔ̀, ìkàrà ɛ̀kpà, ìkàrà ɔ̀lɛ̀lɛ̀), igname pilée (ɛ̀gú), boisson (shàkpáró) …qui sont valorisés. La particularité de cette année est que la boisson «shàkpáró» est conservée dans de petites bouteilles et vendue aux festivaliers», nous a rappelé Mme Naomie A. ODJOUMANI qui a profité de notre canal pour inviter toutes les mamans ou épouses des fils Idaasha n’ayant pas surtout vécu au village à venir découvrir la cuisson de ces mets. Cependant, dans le souci de mieux organiser l’édition prochaine de cet évènement, les organisateurs en appellent déjà à la bonne volonté de toute personne : ‹‹ Pour l’édition de 2024, nous comptons mieux la préparer avec de nouvelles innovations. À cet effet, nous aurons besoin véritablement de soutiens pour faire face aux charges d’organisation››, a martelé vivement M.Job BOSSOU, secrétaire général du comité d’organisation de ce festival . Une invite renchérie sous un autre angle par M. Samuel OROUNLA, conseiller d’arrondissement qui pense plutôt à l’institution d’un espace propice au festival «Bɔ̀lù» : « Je nous prie, le peuple idaasha et sympathisants que nous soutenions l’évènement de sorte à ce que nous ayons un site «Bɔ̀lù» ici au Sud afin qu’il n’y ait jamais de rupture surtout des mets sus-cités, vu que l’effectif des festivaliers augmente à chaque édition », a-t-il prié surtout les organisateurs à y réfléchir. Des appels qui ne sont pas certainement tombés dans les oreilles des sourds car selon le promoteur « Kɛ̀ɛ̀ jí tíní shí ká ní túwan, ce qui signifie “ ce qui est pour soi ne peut être remis aux autres et vice versa”».
Un coin de voile sur l’authenticité de ce patrimoine culturel
Inventé, à l’origine par les Idaasha pour aider les chrétiens à aller rencontrer Jésus Christ à la résurrection, lors de la fête de Galilée, le «Bɔ̀lù» est un rythme purement spirituel. C’est M. Martin IDJISHÈ qui nous lève un coin de voile sur ce rôle de ce rythme : « L’un des rôles historiques de l’invention du rythme «Bɔ̀lù» est d’aider les chrétiens à annoncer la résurrection de Jésus-Christ pendant la fête de Galilée», a-il précisé. On peut alors dire que c’est un rythme annonciateur de la Bonne Nouvelle évangélique. Mais c’est également un rythme unificateur et rassembleur. «Le «Bɔ̀lù» , c’est aussi l’unité, un moyen de retrouvaille, la gaité et la joie dans les cœurs des filles et fils de la communauté Idaasha», a reprécisé le promoteur et président du comité d’organisation du festival «Bɔ̀lù», M. Loth AKPO qui n’a pas manqué de lâcher comment s’effectuent les pas de danse aux rythmes «Bɔ̀lù» et sa particularité des autres rythmes: «Pour danser l’authenticité de ce rythme, on effectue un grand pas en avant, trois en arrière côté droit et on répète le même geste côté gauche pour avancer devant. Sa particularité est qu’on peut lui adapter n’importe quelle chanson de n’importe quel autre rythme», a-t-il démontré.
Le festival «Bɔ̀lù» se révèle alors comme l’un des facteurs du développement des valeurs culturelles et par ricochet un moyen de renforcement des liens d’unité et de fraternité qu’il faut encourager.
✍️LAWIN K. Fidèle & Claude Angelo GANHOTO (stg)
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